jeudi 1 octobre 2015

Très haut débit, pour tout le monde ?


"Arghh... il n'y a pas assez de débit internet !" Qui n'a pas vécu cette sensation très désagréable de ne pas pouvoir surfer convenablement sur le net ? En cause, le réseau filaire qui raccorde l'ordinateur au plus proche nœud de raccordement du "réseau des réseaux". Dans plus de 90% des cas, ce raccordement passe par les fils du téléphone grâce à la technique de l'ADSL. 

Mais cette technique a ses limites et le débit a tendance à rapidement diminuer dès que l'on s'éloigne du point du raccordement. Et ce qui est désagréable pour un particulier est catastrophique pour une entreprise qui ne peut se satisfaire d'un maigre méga octet par seconde... 
La solution s'appelle le câble ou la fibre optique. Les débits sont alors plus de 100 fois plus élevés et on peut alors parler de Très Haut Débit. Il existe sur le grand Lyon quelques secteurs couvert par la fibre pour les particuliers, mais l'offre actuelle pour les entreprises est souvent prohibitive avec des délais de mise en concurrence très longs. 
Pour ne pas risquer de voir des entreprises quitter l'agglomération, la métropole a décidé d'agir...

Le Grand Lyon est l'autorité organisatrice du service public des communications électroniques, cela veut dire qu’elle a le droit de créer un réseau dit d’initiative publique - un RIP - là où les investissements privés ne sont pas au rendez vous.

Mais bien qu’on trouve de très nombreuses compétences au sein des services du Grand Lyon, il ne figure pas parmi les métiers de la métropole le fait de creuser des tranchés, d’installer de la fibre optique, d’aménager des routeurs, ou de commercialiser de la bande passante ! 

Il a donc été décidé de mettre en place une Délégation de Service publique et de confier à une entreprise privée le soin de construire et d’exploiter pendant 25 ans ce réseau d’initiative publique. C’est la société Covage SAS, qui a été retenue après une consultation qui a durée presque 2 ans. Il faut dire que la collectivité a prévu une subvention de plus de 6 M€ pour équilibrer le budget global de l’opération qui s’élève à 40,221 M€ sur la durée de convention. Et dans 25 ans, ce réseau de fibre optique qui desservira 93 zones d’activité économique, 165 ensembles immobiliers d’entreprises et 1631 sites publics et para-publics deviendra propriété de la Métropole. 
Une opération qui aurait pu être totalement satisfaisante si l’option de déserte des zones d’habitation avait pu être aussi retenue. Mais l’analyse économique fine de chacun des candidats à la DSP du coût de cette option a été rédhibitoire. Pour que l’opération soit équilibrée, il aurait fallu équiper un minimum de 25 000 habitations en fibre optique et la participation de la collectivité aurait été de l’ordre de 20 M€ (soit une subvention publique de 800 euros la prise !). Il semble donc que les habitants en zone bas débit doivent attendre le bon vouloir des opérateurs privés avant de goûter aux joie du très haut débit...